C’était l’une de ces journées où on suit le fil invisible du hasard, et pourtant, ce fil me mena vers l’univers d’Ammara Bouchentouf peuplé de visages, d’oiseaux, de corps en mouvement et de bateaux flottant entre réel et imaginaire. Ses toiles ont un assemblage d’âmes figées dans la couleur. L’une d’elles, une œuvre de 80 sur 60 cm, renfermait plus de deux cents visages, chacun portant une émotion, un murmure, une histoire. C’était une toile vivante où l’œil ne savait plus où se poser tant chaque détail de visage captait l’attention.
Ammara s’identifie aussi par un « point de cœur » ; la forme d’un cœur, mais ouvert en haut et en bas, avec un point en dessous, comme un signe secret, un langage intime, un fil conducteur d’une quête, celle des relations humaines. Mais ce qui m’a le plus marqué, au-delà des toiles elles-mêmes, c’était la patience infinie de l’artiste Ammara Bouchentouf qui ne peignait pas avec hâte ; chaque coup de pinceau et chaque ligne étaient bien précis avec ses pinceaux si petits et si délicats.
Je suis reparti portant en moi une vibration de ce trésor, une leçon du détail.